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Mémorial de la Bataille d'Audregnies

La Bataille d’Audregnies

La Bataille d’Audregnies a lieu le 24 août 1914 pendant la retraite de l’armée anglaise que l’on nommera par la suite « la Grande Retraite » ou « la Retraite de la Marne ». Cet engagement fait suite à la Bataille de Mons du 23 août 1914 où les alliés, après une résistance héroïque, sont défaits par les troupes allemandes qui les poursuivent en application du plan Schlieffen (plan allemand d’invasion de la France via la Belgique neutre).

Après les combats autour du canal de Mons-Condé, des troupes anglaises stationnent à l’entrée du village d’Audregnies (actuellement Commune de Quiévrain). La position d’Audregnies est favorable à la défense : l’attaque allemande doit se dérouler sur un terrain plat vers une colline s’étendant d’Audregnies à Elouges. Les hommes n’ont pas le temps de creuser des tranchées mais utilisent les accidents du terrain pour défendre la position.

Le combat devra être livré par les Anglais dans une proportion de 1 à 4 : environ 4.000 Britanniques contre 12.000 Allemands. Le 24 août vers midi, un feu d’artillerie allemande se déchaine sur la plaine. Une charge de cavalerie anglaise est tentée mais le terrain ne se prête plus aux charges de cavalerie à cause des nombreux obstacles modernes (voie ferrée, clôtures de barbelés…) et de la puissance de feu des nouveaux armements (mitrailleuses). Les Allemands, un instant surpris par la résistance anglaise, reprennent leur marche. Les canons de la 119e batterie anglaise doivent être évacués, tirés par les hommes.

Les ordres reçus par les régiments anglais sont contradictoires : les Norfolk ont reçu une mission de flanc-garde et l’autorisation de retraiter si nécessaire ; les Cheshire celle de résister à tout prix. La plupart des soldats du Cheshire après avoir tenté vainement de se retirer du contact avec les Allemands sont faits prisonniers. Il ne reste que 40 hommes non blessés. Le régiment qui comptait 1000 hommes au début de la guerre n’en compte plus que 200 le soir du combat d’Audregnies. Les Norfolks ont perdu 250 hommes, la 119e Batterie 30 hommes, La Division de Cavalerie 250 hommes. Les pertes allemandes n’ont jamais été communiquées mais selon les témoignages de l’époque, elles sont bien plus importantes que les pertes anglaises.

Cet engagement d’Audregnies est d’une grande importance stratégique : il permet de ralentir la poursuite allemande et d’éviter l’encerclement du Corps expéditionnaire britannique qui organise ainsi sa retraite en bon ordre et participe activement à la contre- offensive alliée de la Marne qui va sauver Paris et arrêter l’avancée ennemie.

Le champ de bataille

Le terrain sur lequel se sont déroulés les combats forme un parallélépipède de 3 km du Nord au Sud et de 4,5 km d’Ouest en Est. Il est délimité au nord par la Grand-Route Quiévrain-Boussu, au Sud par la route d’Angre-Audrenies-Elouges, à l’Ouest par la vallée de la Honnelle et à l’Est par la route d’Elouges à Thulin.

Le champ de bataille est traversé par la ligne de chemin de fer n°98 appelée également la « ligne du borinage ». Inaugurée en 1873, elle relie la gare de Quiévrain à Mons via Elouges et les communes boraines. Parallèlement à la Petite-Honnelle court l’ancienne voie romaine : la Chaussée Brunehault, qui coupe la Grand-Route Quiévrain-Boussu à l’est de Quiévrain.

Au lieu dit « Carochette », il y a une sucrerie le long de la chaussée Brunehault, au nord d’Audregnies et plusieurs terrils à l’est de celle-ci.Enfin, sur le site de l’Avaleresse, on trouve une exploitation minière. De ce site, part une voie ferrée privée qui traverse une sablière et rejoint les installations minières de Ferrand à Elouges.

La charge de cavalerie

Alors que le feu allemand fait rage, le Général de Lisle (2ème brigade de cavalerie) décide d’attaquer à cheval vers le Nord afin de prendre l’offensive allemande de flanc et soulager le Cheshire. Cette charge de cavalerie menée à la mode du XIXème siècle démontre la toute-puissance des armes modernes face à la grande vulnérabilité des hommes et de leurs chevaux.

Il est environ 13h, sous le commandement du Lieutenant-colonel Campbell et du Colonel Mullens, le 9ème Lanciers renforcé de pelotons des 4èmes Dragons, fonce au grand galop vers l’infanterie allemande qui se trouve à environ 2 km. Ce sont 400 hommes montés sur de fiers chevaux qui chargent sabre au clair et hurlant vers l’ennemi en longeant de part et d’autre la Chaussée Brunehault.

L’infanterie allemande riposte vigoureusement, une volée de balles s’abat sur les cavaliers. Les premiers feux de l’artillerie allemande ont peu d’effets sur un objectif qui se déplace aussi rapidement.  Mais aux environs de la sucrerie de Carochette, la charge est arrêtée par une clôture en fil de fer. Les cavaliers sont stoppés et s’éparpillent dans toutes les directions. Certains se dirigent vers la droite, et d’autres mettent pied à terre et se cachent derrière les bâtiments de la sucrerie et le terril. À ce moment, l’artillerie allemande a eu le temps d’ajuster son tir et c’est sous une pluie violente d’obus et de mitraille que les cavaliers se retrouvent. C’est sous un déluge de cris et de hennissements, de sang et de poussière que les mitrailleuses allemandes font leur sinistre office. Les anglais sont à nouveau aux prises avec une clôture de barbelés, l’ordre est donné d’arrêter le massacre. Les cavaliers toujours en selle font demi-tour, plusieurs se retirent le long du chemin de fer de minerais vers Elouges. Les blessés et les désarçonnés tentent péniblement de se mettre à couvert. Certains atteignent des maisons à l’entrée de Baisieux. Les pertes de cette charge sont estimées à 250 hommes et 300 chevaux. Elle n’aura eu que peu d’effet et asimplement retardé quelque peu l’avance allemande.

Le sauvetage des canons

Épisode héroïque de la Bataille d’Audregnies, le sauvetage de la batterie de canons de l’artillerie anglaise se fait sous un feu nourri d’un ennemi très proche et déjà prêt à prendre possession des armes britanniques. Grâce à l’habileté de commandement du Major Alexander et au secours audacieux du Capitaine Grenfell les pièces d’artillerie sont sauvées.

Lors de la bataille, le Capitaine Grenfell conduit la charge avec son escadron contre un corps d'infanterie allemand important et en ordre de bataille aux abords de Quiévrain. Les pertes britanniques sont très lourdes et le Capitaine se trouve être l'officier survivant le plus âgé dans le grade le plus élevé. Il rassemble une partie du régiment derrière le remblai de chemin de fer quand il est touché deux fois et sévèrement blessé. Les Allemands approchent vers Elouges et les hommes de la 119ème batterie de la Royal Field Artillery sont dans une mauvaise position et en danger, déjà épuisés par le bombardement et les obus reçus.

Appelé à l’aide par le Major Ernest Wright Alexander de la 119ème Batterie, et malgré ses blessures, le Capitaine Grenfell se porte immédiatement sous une grêle de balles à la rescousse de l’Artillerie. Les canons sont embourbés et il faut faire vite car les Allemands sont tout proches. L’intervention est prudente car la mise en exécution, sous un véritable feu vif de l’artillerie ennemie, est délicate. Pour sauver les canons, il faut tourner en rond lentement. Guidée par les éclaireurs, la petite troupe finit par sortir de l’enfer. Les canons de la 119ème Batterie de la R.F.A. sont sauvés. Pour cet acte de bravoure et la sauvegarde des canons, le Major Alexander et le Capitaine Grenfell reçoivent la « Victoria Cross ».  La citation est publiée le 16 septembre 1914 en ces termes : « Pour bravoure au combat, face à une infanterie en bon ordre à Audregnies, Belgique, le 24 août 1914, et pour acte de bravoure accompli en aidant à conserver les canons de la 119ème Batterie de la Royal Field Artillery, près de Dour, le même jour ».

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